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Partir à la rencontre de soi

Dernière mise à jour : 28 avr. 2021



J’ai trente ans, je suis mère, épouse, amie et photographe. J’exerce ces rôles depuis un bon moment déjà. Certains d'entre eux depuis plus longtemps que d’autres. Il n'en demeure pas moins que j'aime tous les exécuter avec le grand souci d’épanouissement et de simplicité au quotidien.


Sur ma route de 2020, une enseignante divine et bienveillante, Cynthia pour ne pas l'a nommer, m’a gentiment poussée à enrichir l’exploration du « retour intérieur », la douce retraite de lune. C’est avec un élan de curiosité et d’excitation que j’ai osé me retirer de ma réalité, de mes rôles habituels, afin de vivre une régénérescence en soi.


En deux temps, trois mouvements, l'escapade fut réservée !


Trois nuits, quatre jours, le tout, dans une maison ancestrale, à la campagne, perdue au fin fond des Laurentides. 
Le rêve !

C'est au travers de cette évasion hors de ma réalité que j’allais vivre ma phase pleinement, dormir longtemps, très longtemps, en prenant des bains à l’infini, en mangeant lorsque l’appétit se ferait ressentir, en créant artistiquement avec mon sang, bref, en m'honorant tout simplement. J'avais envie d'aller explorer mon temple pour vrai.


Le départ fut imminent. L’auto bien remplie, je roule sur les routes de campagne ensoleillées, ma musique préférée en trame sonore, le soleil qui réchauffe mon visage. Je n’ai qu’une seule envie, crier à tue-tête,

Je suis libre !


Cependant, la voix de mon GPS me sort rapidement de mes rêveries en me prévenant que ma destination est imminente. Là, à ce moment précis, je sens l’enfant monter en moi. Ce sentiment d’enfant timide, nerveux, fébrile et excité m’habite comme jamais. J’ai l’impression de revenir en enfance en m’apprêtant à faire un vilain tour.


Enfin arrivée! La maison est là, si grande, si vieille, si réelle. Assise derrière le volant, moi, cette femme libre et sauvage n'a qu'une seule envie: celle de sortir en courant. Jamais bien loin, la petite fillette en moi se questionne :

Mais à quoi ai-je pensé ? Étais-je vraiment prête à vivre ça ? 

Sans pousser la réflexion plus loin, je fonce. J'entre, les vieilles portes de bois et le tapis vintage de l’entrée me font sourire. La maison est magnifique, le reflet d’une demeure que j’ai déjà rêvé secrètement plus d’une fois. J’assiste à mon entrée fulgurante dans mon autre monde. Vous savez, cet autre chemin que l’on se demande toujours un jour ou l’autre à quoi aurait-il pu ressembler si nous l’avions pris? Je vois-là, derrière la porte vieille de 200 ans, ma route inexplorée, mon temple intérieur.


Le silence était bon, immense ! Je m'arrête sur la première chaise que je vois et me voilà bien assise, en larmes, dans l’ombre de moi-même. Je faisais là, mon entrée fracassante dans la séparation.


La femme chenille allait tranquillement devenir papillon. 

Mon premier réflex a été d'extérioriser, à haute voix, mes pensées au sujet de la beauté des lieux. Vous savez, lorsqu’on s’évade en couple ou entre amis, on découvre l’endroit, on s’émerveille, on s’exprime, on partage nos impressions, mais là, il n’y avait personne pour entendre mes paroles. Il n’y a que moi, attentive et à l’écoute des moindres vibrations sonores.


Les premières heures furent longues et douloureuses. Confrontée à cette vulnérabilité et à cette acceptation d’inconnu, j’apprends à mon corps et ma tête à ne plus être dans un cadre rigide, une cédule fixe. J’accueille doucement chacune de ces nouvelles émotions. Tranquillement, je réchauffe mon espace intérieur et extérieur avec le feu de cette nouvelle énergie qui me brûle gentiment.


Je prends gout au silence, car il va s'en dire, dans nos maisons, il y a toujours un bruit quelconque. Qu'il s'agisse de la télévision, de la musique, des balados, des jouets, d'une présence humaine… Le bruit rassure, le bruit meuble les espaces. Notre esprit est pratiquement toujours habitée par un son.


Prendre le temps de laisser toute la place au silence a été pour moi l’amplification de la voix de ma conscience, de mon âme et de mes émotions.

Tranquillement, je laisse doucement mon chant d’oiseau donner un sifflement aux mots que je déversais dans mon journal. Presque comme une danse, je pénètres dans l'abandon.


Plus le temps avance, plus ça devient une évidence. Visiblement, face à moi-même, j’assiste au démembrement de mon égo. En si peu de temps, physiquement, émotionnellement et mentalement, je n’ai plus rien à prouver à quiconque. Aucune comparaison et aucun standard ne sont établis. La normalité se dessine par ma personne, par mes émotions, par mes ressentis, par mon apparence, par mon ombre et par ma lumière. La mort de mon égo laisse tout simplement place à l’amour inconditionnel.


Je vous mentirais si je vous disais que l’envie de plier bagage ne m'est pas venue à l'esprit. Cette envie de fermer les valves et de retourner en terrain connu m’a traversé l’esprit,et ce à quelques reprises. Chaque fois, une force m’aidait à retrouver la capacité de détourner l’ombre pour revenir à mon essence.

Au fil du temps, les jours ont été plus doux et ensoleillés, tandis que les soirs et les nuits furent teintés de confrontation. J'avais maintenant les outils nécessaires pour m'introduire dans la renaissance.


Mes lectures furent enrichissantes. La nourriture était quant à elle sublime et délicieuse. En ce qui a trait aux créations, elles furent nombreuses.


J’ai pleuré souvent, danser sauvagement,

remercier allègrement, chanter maladroitement.


J’ai accueilli le vide en remplissant mes cahiers.

La noirceur des premiers jours a transmuté vers la lumière pure. 

La porte de la vision était là.

Le temps était venu pour moi de quitter, fermer l’espace à la hauteur.


J’ai tourné la clé dans la porte ce jour-là et j’ai remercié la femme révolutionnaire du départ. Cette gardienne qui ressentait le besoin de respirer, de se décharger, de se renouveler.


Ma petite voix était juste, cette fille assoiffée de défis m’a permis de tenir par la main, pour la première fois, à ma grande femme intérieure.


Désormais, je lui promets de l’accompagner doucement, à son rythme, au travers du parcours restant de son existence, un pas à la fois.


J’ai repris la route vers ma vie connue, tout droit vers la direction, en appréciant la vie, encore plus qu’avant, avec dans mes oreilles, les douces paroles d'une chanson écrite par David Goudreault et Louis-Jean Cormier. C'est à ce moment-là que la phrase: Tu sacres ton camp pour mieux revenir tiré de l'oeuvre Pleurer des soleils prenait alors tout son sens !


Je remercie mon amoureux et ma maman qui ont tenu gentiment le fort durant mon absence, sans eux, l'aventure aurai été bien différente Xxx



Article rédigé par Laurie-Ève Lussier


Correction chapeauté par la douce Audrey-Anne Carpentier

 




Mes alliés divins pour ce périple:

Maison campagne sublime :

Mes livres d'évasion :

-Femmes qui courent avec les loups/Livre de Clarissa Pinkola Estés

-Nous les enfants/Line Mc Murray

-Le grand livre du féminin sacré/Josée-Anne Sarrazin Côté

-Lune rouge/Miranda Gray


Mes listes de lecture en voiture:

-Inscape/Alexandra Stréliski

-Hymns of spirit/Beautiful Chorus

-On the verge/Nahko and medecine for the people


Enseignante divine : Cynthia MA, programme Rythmes, suivez son univers magique juste ici:



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